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📋 Décret BACS

Décret BACS : êtes-vous concerné, et à quelle échéance ?

Deux chiffres suffisent à le savoir : la puissance de vos systèmes de chauffage et de climatisation, et la date. Si elle dépasse 290 kW, l'obligation court depuis le 1er janvier 2025 — elle n'est pas à venir, elle est déjà là. Entre 70 et 290 kW, vous avez jusqu'au 1er janvier 2030 depuis le report de décembre 2025.

Cette page fait le point sur les seuils réels, les fonctions qu'un système doit remplir pour être conforme, et les conditions dans lesquelles une exemption reste possible.

L'essentiel

Le décret BACS en une minute

BACS signifie Building Automation and Control System — système d'automatisation et de contrôle des bâtiments. Le texte impose à une partie du parc tertiaire d'être équipée d'un système capable de mesurer, d'analyser et d'agir. Ce n'est pas une obligation de comptage : c'est une obligation de pilotage.

70 kW Seuil actuel, abaissé depuis 290 kW par le décret du 7 avril 2023
Pas horaire Finesse minimale d'enregistrement des données exigée
5 ans Durée d'archivage imposée aux données collectées
10 ans Seuil de retour sur investissement ouvrant droit à exemption
Première question

Suis-je concerné ?

Trois conditions à vérifier dans l'ordre. Si vous répondez non à la première, les deux suivantes ne se posent pas.

1️⃣

Mon bâtiment est-il à usage tertiaire ?

Bureaux, commerces, hôtellerie et restauration, enseignement, santé, sport et loisirs, bâtiments administratifs. Le logement n'est pas concerné, l'industrie relève d'un autre régime.

2️⃣

Quelle est la puissance installée ?

On parle de la puissance nominale utile des systèmes de chauffage ou de climatisation, éventuellement combinés à la ventilation. Elle figure sur les plaques signalétiques des équipements.

  • Plus de 290 kW → échéance dépassée
  • De 70 à 290 kW → échéance 2030
  • Moins de 70 kW → non concerné
3️⃣

Suis-je déjà équipé ?

Être équipé d'automatismes ne suffit pas : le système doit remplir les fonctions listées plus bas. Beaucoup d'installations existantes pilotent sans enregistrer ni détecter les dérives.

💡

C'est la puissance qui compte, pas la surface

C'est la confusion la plus fréquente. Le décret tertiaire raisonne en mètres carrés — au moins 1 000 m² — tandis que le décret BACS raisonne en kilowatts installés. Un restaurant de 400 m² très équipé en froid et en extraction peut donc être concerné par le BACS sans l'être par le décret tertiaire, et inversement.

Calendrier réel

Les échéances après le report de décembre 2025

Beaucoup d'articles en ligne annoncent encore 2027. Cette date n'est plus la bonne pour les bâtiments existants.

1er janvier 2025
En vigueur

Bâtiments existants de plus de 290 kW

Cette échéance n'a fait l'objet d'aucun report. Les bâtiments concernés devaient être équipés à cette date. C'est aujourd'hui la situation la plus fréquemment ignorée : beaucoup de propriétaires attendent une échéance future alors que la leur est passée.

1er janvier 2030
Reporté de 2027

Bâtiments existants de 70 à 290 kW

Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a repoussé cette échéance de trois ans, pour alléger un calendrier réglementaire chargé et s'aligner sur la directive européenne EPBD révisée. Le seuil de 70 kW, lui, n'a pas été modifié : seul le délai change.

Dès maintenant
Construction neuve

Bâtiments neufs

Pour une construction neuve ou une rénovation lourde dépassant le seuil, le système doit être intégré au projet. Intervenir à ce stade coûte une fraction de ce que représente une mise en conformité après coup : les cheminements, les points de mesure et les alimentations sont prévus dès la conception.

Un report n'est pas une dispense

Reporter la réflexion à 2029 revient à se retrouver à devoir consulter des entreprises dans un marché saturé, au moment où tous les bâtiments concernés s'y prendront en même temps. Sans compter que les gains énergétiques d'une GTB commencent le jour de sa mise en service, pas le jour de l'échéance : quatre ans d'économies non réalisées coûtent souvent plus cher que l'installation elle-même.

Conformité technique

Les cinq fonctions qu'un système doit remplir

C'est ici que beaucoup d'installations existantes échouent : elles pilotent, mais elles ne mesurent pas, ou elles mesurent sans conserver ni analyser.

📈 Fonction 1

Suivre, enregistrer, analyser

Les données de consommation doivent être collectées au pas horaire et par zone fonctionnelle du bâtiment. Un relevé mensuel global ne répond pas à l'exigence.

🔔 Fonction 2

Détecter les dérives

Le système doit repérer automatiquement les écarts par rapport au fonctionnement attendu et alerter l'exploitant. C'est la fonction qui génère l'essentiel des économies réelles.

🔗 Fonction 3

Être interopérable

Le système doit dialoguer avec les équipements techniques en place, quelles que soient leurs marques. C'est précisément ce que garantissent des protocoles ouverts comme KNX, Modbus ou BACnet.

🎛️ Fonction 4

Permettre l'arrêt manuel

L'exploitant doit pouvoir reprendre la main et arrêter manuellement les systèmes reliés, ainsi que gérer leur fonctionnement de façon autonome. L'automatisation ne doit jamais devenir une boîte noire.

🗄️ Fonction 5

Archiver cinq ans

Les données collectées doivent être conservées pendant cinq années. Cette exigence a une conséquence pratique souvent négligée : elle interdit les solutions dont l'historique dépend d'un abonnement résiliable.

⚠️ À retenir

Un thermostat ne suffit pas

Des thermostats connectés, même nombreux, ne constituent pas un système conforme : il leur manque l'enregistrement par zone, la détection de dérive et l'archivage. La différence n'est pas de degré, elle est de nature.

Cas particulier

L'exemption pour retour sur investissement

Le décret prévoit une porte de sortie : le propriétaire peut être exempté s'il produit une étude démontrant que l'installation d'un système d'automatisation ne peut pas être réalisée avec un temps de retour sur investissement inférieur à dix ans, déduction faite des aides financières publiques.

Deux précisions qui changent tout dans la pratique. D'abord, il s'agit d'une étude à produire et à conserver, pas d'une déclaration sur l'honneur : elle doit être argumentée et opposable. Ensuite, le calcul se fait après déduction des aides, ce qui raccourcit mécaniquement le temps de retour et rend l'exemption plus difficile à justifier qu'il n'y paraît.

  • 📐
    Sur du petit et moyen tertiaire correctement dimensionné, le retour sur investissement observé est fréquemment bien en deçà de dix ans, tiré par les postes chauffage et éclairage.
  • 🧾
    L'étude d'exemption a elle-même un coût. Il arrive qu'elle revienne plus cher que l'écart entre s'équiper et ne pas s'équiper.

🧭 Notre position

Nous ne cherchons pas systématiquement à vous faire équiper. Si votre configuration rend l'investissement non pertinent, nous vous le disons et nous vous aidons à documenter l'exemption.

💶 Aides mobilisables

Les Certificats d'Économies d'Énergie comportent des opérations standardisées portant sur les systèmes de gestion technique. Elles entrent dans le calcul du temps de retour.

📄 Document à conserver

Que vous vous équipiez ou que vous soyez exempté, gardez une trace écrite de l'analyse. C'est elle qui vous protège en cas de contrôle.

Ne pas confondre

Décret BACS et décret tertiaire

Deux textes différents, deux logiques différentes, et une articulation simple une fois qu'on l'a comprise : l'un impose un moyen, l'autre impose un résultat.

🎛️

Décret BACS — une obligation de moyen

Il impose d'être équipé d'un système d'automatisation et de contrôle répondant à des fonctions précises.

  • Critère d'assujettissement : la puissance installée
  • Seuil : 70 kW (290 kW pour l'échéance déjà passée)
  • Échéances : 2025 et 2030
  • Ce qui est contrôlé : la présence et les fonctions du système
📉

Décret tertiaire — une obligation de résultat

Il impose de réduire réellement la consommation et de le déclarer chaque année sur la plateforme OPERAT de l'ADEME.

  • Critère d'assujettissement : la surface
  • Seuil : 1 000 m² de surface tertiaire
  • Objectifs : −40 % en 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050
  • Ce qui est contrôlé : la déclaration annuelle et la trajectoire
L'articulation

Le BACS est l'outil qui rend le décret tertiaire tenable

Sans sous-comptage par zone et par usage, réduire de 40 % relève du pari : on ne sait ni où agir, ni prouver ce qu'on a obtenu. Les bâtiments soumis aux deux textes ont donc tout intérêt à traiter le sujet une seule fois, avec une architecture qui répond simultanément aux deux.

Voir notre approche
Notre rôle

Nous vous accompagnons, nous ne vous vendons pas d'armoire

Ouest-Digit intervient en assistance à maîtrise d'ouvrage. Nous ne portons pas le lot travaux et ne percevons aucune commission fabricant : notre intérêt est que le système soit juste, pas qu'il soit gros.

1

Diagnostic d'assujettissement

Relevé des puissances installées et détermination de la tranche dont vous relevez. Cette étape conclut parfois que vous n'êtes soumis à aucune obligation.

2

Analyse de l'existant

Inventaire des automatismes déjà en place et de ce qui peut être conservé, fonction par fonction, au regard des cinq exigences du décret.

3

Architecture & chiffrage

Découpage en zones fonctionnelles, choix des protocoles, estimation budgétaire et calcul du temps de retour sur investissement.

4

Cahier des charges

Rédaction du descriptif technique permettant de consulter plusieurs entreprises sur une base identique, avec des critères de réception explicites.

5

Recette & dossier

Vérification fonction par fonction de la conformité, programmation, formation de l'exploitant et remise du dossier — fichiers de programmation inclus.

Questions fréquentes

Décret BACS — les questions qui reviennent

BACS signifie Building Automation and Control System, soit système d'automatisation et de contrôle des bâtiments. Le décret impose aux bâtiments tertiaires dépassant un certain seuil de puissance de chauffage, climatisation et ventilation d'être équipés d'un système capable de suivre, enregistrer et analyser leurs consommations, et de détecter les dérives. Il ne s'agit pas d'une simple obligation de comptage : le système doit aussi permettre d'agir sur les équipements.
Le seuil a été abaissé de 290 kW à 70 kW par le décret du 7 avril 2023. Il s'agit de la puissance nominale utile des systèmes de chauffage ou de climatisation, éventuellement combinés à la ventilation. Attention : c'est bien la puissance installée qui compte, pas la surface du bâtiment ni la consommation réelle. Un petit bâtiment très équipé peut être concerné, un grand bâtiment sobre peut ne pas l'être.
Oui. Pour les bâtiments existants dont la puissance se situe entre 70 et 290 kW, l'échéance initialement fixée au 1er janvier 2027 a été reportée au 1er janvier 2030 par le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025, afin d'aligner le calendrier français sur la directive européenne EPBD révisée. En revanche, l'échéance du 1er janvier 2025 pour les bâtiments de plus de 290 kW n'a pas bougé : elle est en vigueur.
Un système conforme doit suivre, enregistrer et analyser les données de consommation au pas horaire et par zone fonctionnelle du bâtiment ; détecter automatiquement les dérives et alerter l'exploitant ; être interopérable avec les différents équipements techniques en place ; permettre un arrêt manuel ainsi qu'une gestion autonome des systèmes qui lui sont reliés ; et archiver les données pendant cinq ans. Un simple thermostat connecté ne répond pas à ces exigences.
Une exemption est prévue si le propriétaire produit une étude démontrant que l'installation d'un tel système ne peut pas être réalisée avec un temps de retour sur investissement inférieur à dix ans, déduction faite des aides financières publiques. Cette étude doit être documentée et conservée : ce n'est pas une simple déclaration sur l'honneur. Dans la pratique, sur du petit tertiaire, le retour sur investissement est souvent nettement plus court que dix ans, ce qui rend l'exemption difficile à justifier.
Ils sont complémentaires et souvent confondus. Le décret tertiaire, ou dispositif Éco Énergie Tertiaire, s'applique aux bâtiments d'au moins 1 000 m² et impose un résultat : réduire la consommation de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, avec une déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT. Le décret BACS, lui, impose un moyen : être équipé d'un système d'automatisation. Dans les faits, le second est l'outil qui permet d'atteindre et de prouver le premier.
Pas nécessairement. Beaucoup d'installations anciennes pilotent correctement les équipements mais n'enregistrent pas les données au pas horaire, ne les conservent pas cinq ans ou ne détectent aucune dérive. D'autres fonctionnent encore mais plus personne ne dispose des fichiers de programmation. Un audit permet de déterminer ce qui est réutilisable — c'est presque toujours moins coûteux qu'une dépose complète.
Par le relevé des puissances installées, car c'est lui qui détermine si vous êtes concerné et à quelle échéance. Cette information figure sur les plaques signalétiques des équipements ou dans les documents de l'installation. Si vous ne les avez pas, un passage sur site suffit généralement à faire le point. Nous proposons ce diagnostic en début de mission, et il arrive qu'il conclue que vous n'êtes soumis à aucune obligation.
Diagnostic

Savoir où vous en êtes prend moins d'une heure

Relevé des puissances, détermination de votre tranche, état de l'existant. À l'issue, vous savez si vous êtes concerné, à quelle échéance, et ce que représenterait la mise en conformité. Sans engagement de suite.

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