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Vidéosurveillance

Vidéosurveillance en entreprise : ce que dit le RGPD en 2026

Par Emmanuel Queffeulou· 27 avril 2026· 7 min de lecture

Chaque fois que j'installe un système de vidéoprotection dans une entreprise, la question RGPD arrive sur la table — souvent posée vaguement, parfois avec une vraie anxiété. "On a le droit de mettre des caméras ?" "Est-ce qu'on doit prévenir les employés ?" "Combien de temps on peut garder les enregistrements ?" Voici ce que dit vraiment la réglementation en 2026, et ce que je vérifie systématiquement avant chaque installation professionnelle.

Le cadre légal : deux régimes distincts

En France, la vidéosurveillance en entreprise relève de deux corpus réglementaires selon l'orientation des caméras :

En pratique, la plupart des installations professionnelles couvrent les deux zones. On doit donc respecter les deux régimes simultanément — ce qui génère souvent de la confusion.

Ce que vous devez obligatoirement faire

1. Informer les personnes filmées

C'est l'obligation la plus souvent négligée. Tout employé travaillant dans une zone sous vidéosurveillance doit être informé individuellement — par écrit, dans son contrat de travail ou par avenant. Un simple panneau ne suffit pas pour les salariés. Pour les clients et visiteurs, un affichage visible à l'entrée est obligatoire, mentionnant l'existence du traitement, sa finalité, le responsable, et les droits des personnes filmées.

2. Consulter le CSE (anciennement CE)

Avant toute installation dans une entreprise avec représentants du personnel, le Comité Social et Économique doit être consulté et informé. Défaut de consultation = nullité possible du système, et surtout risque de conflit social. Je l'aborde systématiquement avec mes clients pro lors de la phase de projet.

3. Respecter la durée de conservation

La CNIL recommande une durée de conservation maximale de 30 jours. Au-delà, les enregistrements doivent être automatiquement écrasés sauf en cas d'incident déclaré (cambriolage, accident). Configurer la durée de rétention sur le NVR est une étape obligatoire de nos installations — jamais laissée en valeur par défaut.

4. Tenir un registre des traitements

Toute entreprise de plus de 250 salariés (et recommandé pour les autres) doit documenter le traitement vidéosurveillance dans son registre des traitements RGPD : finalité, responsable, durée de conservation, destinataires des images, mesures de sécurité.

5. Sécuriser l'accès aux images

Les enregistrements sont des données personnelles. Leur accès doit être restreint aux personnes habilitées (dirigeant, responsable sécurité, service de télésurveillance). Mots de passe robustes sur le NVR, accès distant chiffré (VPN ou HTTPS), traçabilité des consultations sur les systèmes professionnels.

Ce qui est formellement interdit

Attention : Les sanctions RGPD peuvent atteindre 4% du chiffre d'affaires mondial ou 20 millions d'euros. En pratique, la CNIL sanctionne davantage les manquements d'information (affichage absent, salariés non prévenus) que les défaillances techniques. La mise en conformité documentaire est aussi importante que l'installation physique.

Checklist conformité RGPD — ce qu'on vérifie à chaque installation

Notre approche chez Ouest-Digit : On remet à chaque client professionnel un dossier de conformité RGPD à l'issue de l'installation : schéma d'implantation des caméras, durées de conservation configurées, modèle d'affichage prêt à imprimer, et fiche de registre des traitements pré-remplie. Ce n'est pas un bonus — c'est une partie intégrante de notre prestation.

Cas particuliers fréquents

Commerce avec caméras orientées caisses

Autorisé pour la prévention des vols et la protection des salariés face aux comportements agressifs. Interdit pour surveiller la productivité des caissiers. La distinction est ténue mais importante : la finalité "sécurité des biens et des personnes" doit être réelle et documentée.

Entrepôt avec caméras de surveillance des allées

Autorisé dès lors que les salariés sont informés et que les enregistrements ne sont utilisés qu'en cas d'incident. Si un salarié est licencié sur la base d'enregistrements obtenus sans information préalable, le licenciement peut être contesté.

Restaurant ou hôtel

Les zones clients (salle, hall, parking) relèvent de l'autorisation préfectorale si elles constituent des ERP. Les zones "back of house" (cuisine, réserves) relèvent du régime RGPD/Code du travail. Une installation peut donc nécessiter les deux démarches simultanément.

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